Marguerite O.

Sur les ossements des morts
par (Libraire)
27 novembre 2019

La narratrice, Janina, habite un hameau qui n'a plus de nom officiel et très peu d'habitants, surtout en hiver. Après la mort étrange d'un voisin la police conclut à une mort accidentelle. Soit. Au cours des mois suivants, d'autres morts ont lieu, indéniablement des meurtres celles-là. L'enquête de la police n'avance pas.
Janina est solitaire mais pas esseulée, assez excentrique aux yeux de certains. On la conseille de ne pas trop parler de sa théorie sur la revanche des animaux. Et elle a des amis fidèles, comme le déroulement du récit le montrera.
Grave et drôle, avec fantaisie et une pincée de suspense.
Un grand plaisir de lecture.

L'affaire Nobel
par (Libraire)
25 octobre 2019

Landerneau, la Suède et le monde

La Fondation Nobel gère les prix Nobel. Le choix des lauréats est confié à divers comités spécialisés dont celui de l'Académie suédoise qui choisit le prix Nobel de littérature. Fondée à la fin du 18e siècle sur le modèle de l'Académie française, elle ne comporte que dix-huit membres, compte tenu de la population relativement faible.
Le scandale éclata courant 2017/ 2018: des accusations de viol et de harcèlement sexuel contre un Français, mari d'une des académiciennes les plus en vue, animateur d'un club littéraire à Stockholm et vedette du petit milieu culturel. Surnommé le 'Weinstein nordique'. Sous la pression de la Fondation, soucieuse de ne pas abîmer la « marque » Nobel (et peut-être du roi, qui ne pouvait rien dire en public bien-sûr), l'Académie décida de ne pas annoncer de prix en 2018 et connut moult démissions, appels à la démission, querelles sur la place publique, déballage de rivalités et rancoeurs etc.
À partir de l'histoire du prix Nobel, l'auteur- Français vivant en Suède depuis 25 ans, marié à une Suédoise et père d'enfants suédois- nous dresse un tableau de son pays d'adoption: les hauts et les bas, les fiertés et ratages. Le style détendu, le ton affectueux et l'humour n'empêchent pas la lucidité.
Une lecture aussi agréable qu'instructive.

Sœur

L'Observatoire

19,00
par (Libraire)
26 août 2019

La Nièvre. Une famille normale, banale, quelconque. Jenny se rend compte à 15 ans qu'elle n'est pas destinée à être une héroïne, un être d'exception. Au lycée, elle ne fait pas partie des élus. À l'horizon il n'y a que le CAP de coiffure que sa mère prévoit pour elle. Mais dans l'immédiat il y a Dounia qui part après avoir ouvert les yeux de Jenny sur autre chose. Il y a les filles du Chicken Spot, il y a Nurzhan qui a déjà essayé de partir, fière de son bracelet électronique. Et Chafia?
C'est l'histoire d'une très jeune fille dont les références sont Harry Potter et des 'califes' d'internet. Sans misérabilisme ni sentimentalité, ce roman impressionne par son empathie pour des personnages paumés et par son humour lacérant.

L'insoumise de la Porte de Flandre
5,50
par (Libraire)
9 août 2019


Fatima et Fawzi habitent Molenbeek. Lui n'en sort jamais. Elle se rend chaque jour dans le centre de Bruxelles. Elle est étudiante, intellectuelle, et c'est très coloré et foisonnant dans son cerveau mais, c'est plus prudent, elle garde ses pensées bien à l'abri sous son crâne, lui-même bien caché sous son hijab. L'intérieur de la tête de Fawzi évoque, disons, une morne plaine. Ils se connaissent de vue.
Fawzi veut épouser Fatima mais elle a d'autres projets. Un jour il la suit …
Un roman court et percutant mené avec l'ironie et l'humour habituels de l'auteur qui sait faire rire de choses sérieuses et même graves.
Une lecture étrangement agréable.

Eclairs lointains - Percée à Stalingrad
par (Libraire)
9 août 2019


19 novembre 1942. Les Allemands vont commencer un deuxième hiver en Russie. Après les succès des derniers mois et la prise presque totale de Stalingrad les soldats espèrent une permission, ils ont été assez occupés avec 'cette maudite ville'. C'est à ce moment que les Soviétiques lancent une vaste contre-offensive qui va mener à l'encerclement de la 6° Armée.
Dans ce roman il ne s'agit pas de 'gentille Wehrmacht' contre 'méchante Armée Rouge', ni vice versa. Nous suivons le parcours d'un groupe d'hommes. Certains croient en Dieu, certains en Hitler, d'autres en rien du tout. Mais chacun agit à sa manière: pour les arrivistes, la guerre peut être une excellent opportunité pour avancer sa carrière militaire, de préférence avec le moins de risque possible en évitant d'être au front. Et il y l'officier de la vieille école qui vit pour les ordres et l'honneur, le jeune débrouillard toujours de bonne humeur, le fana du Führer qui agace passablement ses camarades. Et bien d'autres, dessinés avec brio. Très lentement ils se rendent compte qu'il n'y aura pas de renforts, pas de sauvetage, pas de miracle. L'auteur décrit ce qu'il a vu: la lente désintégration d'une armée abandonnée par ses chefs avec l'ordre de ne pas capituler. En plus des blessures, on mourait de faim, de froid, de maladie.
Voici un roman formidable, traversé par une ironie acérée.
Pour une vision russe de la bataille de Stalingrad, voir 'Vie et Destin' et 'Carnets de guerre' de Grossman.