Caroline P.

Flammarion

20,00
par (Libraire)
27 janvier 2021

Dans la vie de famille, le drame voire le tragique n'est jamais bien loin. C'est la raison pour laquelle Yasmina Reza choisit judicieusement la comédie pour en exposer les turpitudes. Frères, sœurs, épouses, maris, neveux sont liés pour le meilleur et pour le pire. A leur corps défendant ils visitent et revisitent souvenirs d'enfance,
mémoires collectives et identitaires sur un air de chanson , de sonnerie de portable. Entre émotions sincères et kitsch, la grande farce de la vie se dévoile et tout le talent de Reza est là.

par (Libraire)
25 janvier 2021

On retrouve Makine au temps de son adolescence au cœur de la Sibérie. A treize ans, il est élève d'un orphelinat où la violence règne parmi les pensionnaires et où la survie est l'unique horizon. Le narrateur y fait pourtant la connaissance d'un jeune garçon différent, Vardan, doux mais résolu, porteur d'un mystère. S'il refuse l'ordre des choses c'est qu'il appartient au quartier du Bout du Diable où vit la communauté arménienne, persécutée par le pouvoir soviétique. Vardan et les siens attendent le verdict du procès qui doit les condamner au Goulag. Ils ont chevillé en eux une résistance têtue, qui se dévoile au narrateur au fil des jours passés dans ce coin d'Arménie. Cette amitié courte dans le temps mais profonde marque à jamais le narrateur, imprime l'idée qu'il se fait de la dignité. Makine retrace cette adolescence tragique avec la force d'un récit d'une simplicité bouleversante. Des mots qui se placent à la bonne hauteur pour rendre hommage à ceux qu'il a connus, aimés et perdus. Un grand Makine.

16,50
par (Libraire)
13 octobre 2020

Le narrateur, solitaire petit garçon de 10 ans, passe ses vacances au bord de la Manche, en tête à tête avec sa grand-mère, merveilleuse figure tutélaire de ce roman. Les journées passent en observation du monde qui s'agite autour lui, voisins d’immeubles ou de plage, sa tante, les fourmis, les méduses. Ce monde fascinant ou monstrueux lui reste pourtant étranger jusqu'au jour de sa rencontre avec Baptiste qui lui accorde miraculeusement son amitié, lui, le garçon à la famille normale, ordonnée, élégante, bourgeoise - autant d'attributs qui ne sauraient caractériser son propre univers.
Hugo Lindenberg construit un premier roman sur l'enfance, l'éveil à la conscience du monde, les différences, les sentiments, dans une prose ciselée, émaillée d'images surprenantes, qui frappent par leur pouvoir d'évocation : une écriture comme un sismographe des émotions. Un texte extrêmement touchant et juste.

Roman

Gallimard

par (Libraire)
13 octobre 2020

Le narrateur de ce court roman a consacré sa jeunesse durant les années de plomb en Italie à son combat politique, on imagine une mouvance comme celle des Brigades rouges. Il en a payé le prix par des années d’emprisonnement après son arrestation à la suite d'une trahison d'un de ses plus proches camarades. Des années encore après, on retrouve ce camarade mort au fond d'un ravin alpestre, le jour et l'heure mêmes où notre narrateur randonnait sur la même vire. La coïncidence est impossible pour le juge. Nous suivons donc les passes d'armes entre le magistrat qui cherche à comprendre et veut la preuve de sa culpabilité et l'accusé, pris au piège d'une situation inextricable. Un dialogue philosophique sur le sens de la justice s'engage, qui fait vaciller l'homme de loi face à l'homme d'engagement.
Ce dialogue serré en prise directe alterne avec le dialogue intérieur que l'accusé engage avec la femme de sa vie, comme un contrepoint définitivement apaisé face à l'épreuve qu'il vit.
Voici un texte puissant comme Erri De Luca sait les faire, texte de réflexion politique sur l'engagement, la fidélité, l'honneur, la justice et aussi l'amour.

Roman

Les Éditions Noir sur Blanc

16,00
par (Libraire)
15 septembre 2020

Fatima a grandi dans le respect, la crainte et l'amour d'Allah. Sa famille, ses traditions, elle les aime malgré les pesanteurs. Fatima aime aussi les femmes et cela rend sa vie et son avenir moins simples. Comment concilier ses êtres religieux et amoureux, les lieux qu'elle habitue, Paris et la banlieue, autant de diptyques qui devraient être antagonistes mais qui vivent en elle, qu'elle apprend à tenir ensemble quoiqu'il en coûte : incompréhensions, silences, ruptures...
L'auteur affirme au fil des pages qu'on ne sépare pas une âme en deux, que les identités ne sont pas perméables aux imprécations et aux injonctions d'où qu'elles viennent. L'écriture appuie le propos, suit la pensée de la narratrice. Au début des chapitres certaines phrases reviennent en anaphore et rythment le texte : le récit se transforme en une incantation, une célébration de ce moi irréductible et multiple.
Fatima Daas réussit un premier roman d'apprentissage au sens classique du terme sur l'identité mais aux enjeux éminemment contemporains.