Caroline P.

Revenir à Vienne
23,00
par (Libraire)
4 juin 2019

Felix von Gestern, banquier de Vienne et sa famille ont émigré aux Etats-unis au moment de l'Anschluss. La vie s'écoule paisible sur la 5ème avenue mais le personnage de Lothar ne se fait pas à cette vie américaine et ne rêve que d'Europe, qu'il rejoint d'ailleurs la guerre à peine terminée.
Son euphorie des débuts comme le jugement facile incarné par sa belle-mère font peu à peu place à un regard plus circonspect, des sentiments plus complexes où culpabilité, réprobation, fidélité s'entrechoquent.
Le roman des exilés prodigues et américanisés nous plonge dans les nuances toutes viennoises des sentiments face aux destins de personnages confrontés à des choix historiques et existentiels. Dans une construction parfaitement romanesque Ernst Lothar signe le roman du retour sur la terre natale après le désastre, un récit de l'exil dans l'exil, celui que son ami Stefan Zweig n'a pas pu écrire.

Une histoire italienne
par (Libraire)
30 mai 2019

Attalo Mancuso est un jeune homme, né avant la première guerre mondiale dans un petit village de Toscane, d'un père perclus d'ambitions démesurées, celles qu'a laissé espérer la jeune unité italienne, et d'une mère, bête de somme, incapable de douceur. Sa vie chemine implacablement vers les voies de la violence et de la frustration. L'arrivée de Mussolini apparaît comme une révélation attendue et notre héros se jette enthousiaste dans l'aventure coloniale de la Péninsule. Une expérience à l'état brut qui fracasse ses illusions et, loin de résoudre les peurs et les passions, creuse davantage ses failles.
Laura Ulonati explore ainsi la face sombre du rêve italien, celui qui a pris corps avec la colonisation, lieu de toutes les dérives de ce désir caricatural de grandeur, incarné par les fascistes.
L'auteure, dans un style sec, sans pathos, écrit l'horreur de cet événement historique et extirpe les racines du mal d'un pays, à l'origine, amoureux de la beauté.

Féroces infirmes

Alexis Jenni

Gallimard

21,00
par (Libraire)
30 mai 2019

Un homme doit se résoudre à s'occuper de son père infirme, ancien combattant de la guerre d'Algérie. La cohabitation s'avère délicate entre les deux hommes.
Alexis Jenni construit une opposition évidente autour de la figure de l'Arabe qui est cet autre indépassable et haï par le père tandis que son fils, grandi en banlieue, n'y voit que le visage d'amis qu'il a fréquentés depuis l'enfance.
Les rapports entre les pères et les fils semblent régis moins par les liens affectifs que par des expériences qui semblent irréconciliables, celle de la guerre d'un côté et de l'autre, celle de la cohabitation pacifique, qui se craquèle à nouveau. Jenni trace ici un roman magistral sur un héritage refusé, un oubli impossible : des pères et des fils qui ne se sortent pas de la violence de l'histoire. L'écriture profondément romanesque est une réflexion passionnante sur les générations, la communauté, l'identité.

Le Voyage du canapé-lit
par (Libraire)
12 avril 2019

La mère de l'auteur décide de ne garder de son héritage maternel qu'un vieux canapé-lit défraîchi qu'elle veut placer dans la maison familiale en Auvergne. Cette piété filiale jette donc l'auteur, son frère, Bernard et sa belle-soeur, Martine sur les routes des vacances enfantines. Le convoiement de ce meuble bien encombrant sera comme un voyage dans le temps, l'espace et les paysages. L'occasion saisie de revenir sur les racines, les legs affectifs et les souvenirs truculents permet aussi de donner une autre vision de l'Auvergne, déjà dépeinte dans « Pays perdu ».
Ce récit du retour au pays comme un retour sur soi est cette fois raconté sur un ton léger où l'humour déleste de la noirceur et d'une mélancolie qui n'auraient pas renouvelé en profondeur ce retour aux origines. La verve, le ton réservent des moments de rire franc et en font un excellent prix Vialatte.

La princesse de Clèves
24,99
par (Libraire)
12 avril 2019

Il semble a priori difficile de représenter par des images, « La princesse de Clèves », premier roman psychologique de l'histoire littéraire. En effet, quoi de plus compliqué à représenter que l'enchevêtrement des sentiments ? C'est pourtant ce que parviennent à faire Catel et Bouilhac. La palette de couleurs comme légèrement passée donne le sentiment de la première impression de lecture du roman, un certain hiératisme qui explose sous la force des passions. Le dynamisme du récit est parfaitement rendu lui aussi par le choix des dialogues extraits du texte original, rendant palpable la tournure d'esprit de Madame de la Fayette.
Une excellente BD pour découvrir ou se remémorer l'un des chefs d’œuvre de notre littérature.