Le triangle d'hiver

Le triangle d'hiver

Julia Deck

Les Éditions de Minuit

  • 15 octobre 2014

    Au Havre, Mademoiselle est sans travail et sans argent, elle décide de devenir Bérénice Beaurivage. Après tout, elle ressemble à Arielle Dombasle. Une nouvelle identité et désormais elle sera romancière comme l'actrice dans le film "les romancière ignorent les réveils à l'aube pour emprunter d'épouvantables transports en commun". Elle quitte Le Havre pour une autre ville portuaire Saint-Nazaire. Même ambiance mais l'argent manque. On peut s'inventer romancière et ainsi faire table rase de son passé mais il faut quand même pouvoir se loger, se vêtir et manger. Heureusement, elle fait la connaissance d'un inspecteur des navires et s'éprend de lui.

    Il gagne bien sa vie, Bérénice ne le quitte plus. Elle ne veut pas lui montrer ses écrits en cours, petit caprice d'écrivain, et erre la journée dans cette ville. Elle ment, vole, se glisse avec délice dans sa nouvelle vie. Mais, une journaliste est proche de l'inspecteur. Trop proche pour Mademoiselle qui y voit une rivale. Elle s'invite avec lui à Marseille mais notre inspecteur commence à avoir quelques doutes...

    Comme dans Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck met en scène une femme dont on ne connait pas le passé. Mademoiselle est fantasque, elle s'imagine fuir la réalité et ses problèmes en se créant un nouveau personnage. Et on est pris dans l'écriture de Julia Deck, aussi précise pour décrire la géographie des villes que les pensées de Mademoiselle, une écriiture piquante et relevée. On sait que l'auteure essaie détourner notre attention pour mieux nous surprendre par la fin. Et l'on suit ce trio à l'affut d'indices. Surprise : la fin de ce roman nous laisse interrogatif. A t-on raté quelque chose ? Et l'envie de le reprendre depuis le début se montre impérieuse pour comprendre.

    Julia Deck joue avec son lecteur à la perfection mais je suis partagée car si j'ai aimé retrouvé son style unique, un peu de nouveauté par rapport à "Viviane Elisabeth Fauville" aurait été le bienvenu.


  • 23 septembre 2014

    Les romancières ont la belle vie!

    Si son premier roman « Viviane Elizabeth Fauville » avait été, à très juste titre, célébré comme la révélation de la rentrée 2012, le second intitulé « Le triangle d’hiver » tient toutes ses promesses -  voire même les dépasse -  et confirme le talent vertigineux de Julia Deck.

    La première phrase de ce livre n’en est pas une, c’est un nom : « Bérénice Beaurivage ». Mademoiselle est un personnage sans nom, sans passé, sans horizon, et sans emploi, mais pas sans dettes.  Elle en est criblée. Elle aimerait bien s’appeler Bérénice Beaurivage mais ce patronyme est déjà « occupé », c’est celui d’une romancière, héroïne d’un film de Eric Rohmer, interprétée par Arielle Dombasle. Mademoiselle va tout de même prendre possession de ce nom et du métier de Bérénice Beaurivage. Car pour elle, les romancières ont  la belle vie : « Levées à l’heure qui leur plaît, elles se promènent sous les volutes de longues cigarettes à la poursuite du meilleur mot, de la meilleure phrase ». Mademoiselle a un sens aigu de « l’occupation », ou l’obsession de l’appropriation. Si bien que lorsqu’elle rencontre et tombe amoureuse de

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  • par (Libraire)
    17 septembre 2014

    Le triangle d’hiver

    Julia DECK après la folie de son livre « Viviane Elisabeth Fauville » nous offre un roman où l’héroïne Bérénice Beaurivage, un personnage sorti d’un film de Rohmer, nous balade et nous manipule du Havre à Marseille en passant par St Nazaire.
    Julia DECK invente une nouvelle forme de roman.


  • par (Libraire)
    9 septembre 2014

    La fille du bord de mer

    J'avais lu (et adoré) le précédent roman de cette auteure. Là encore, c'est une histoire un peu dérangeante. L'errance énigmatique d'une jeune femme, belle et séduisante. Sans travail, criblée de dettes, elle quitte Le Havre sur un coup de tête avec l'argent dérobé dans le porte-feuille d'un amant d'un soir. Direction Saint-Nazaire. Des bras d'un homme à ceux d'un autre, sa course la mène de port en port et la voici bientôt à Marseille. Elle s'invente un nom, prétend qu'elle est écrivaine, ment et triche sans que jamais on ne comprenne vraiment pourquoi. Intrigant mais très agréable à lire, j'ai beaucoup aimé ! 


  • par (Libraire)
    8 septembre 2014

    Vous allez en redemander!

    "Mademoiselle" ne veut pas travailler. Elle décide de devenir romancière car "les romancières ignorent les réveils à l'aube pour emprunter d'épouvantables transports en commun". Elle adopte le nom de Bérénice Beaurivage, se rend à Saint-Nazaire et rencontre l'Inspecteur dont elle tombe amoureuse et va vivre à ses crochets. Mais la journaliste Blandine Lenoir est là pour la démasquer. Triangle amoureux, triangle de ports (Le Havre, Saint Nazaire, Marseille), portrait magnifique d'une femme égarée. Un grand roman!


  • par (Libraire)
    31 août 2014

    Coup d'éclat

    Mademoiselle est Bérénice Beaurivage, ou plutôt elle aimerait l'être :
    ce personnage d'écrivain de Rohmer serait si agréable à endosser. Et
    puis, elle ressemble tant à Arielle Dombasle qu'on pourrait s'y
    perdre. Alors elle chipe et ment à tous les étages pour parfaire
    l'illusion. L'Inspecteur se laisse prendre dans ses filets, mais
    l'Inspecteur a une autre femme dans sa vie, une certaine Blandine
    Lenoir, qui n'a pas l'intention de rester les bras croisés...
    A partir d'un triangle amoureux des plus classiques, Julia Deck nous
    promène de bout en bout. Mademoiselle sera-t-elle confondue ?
    Sommes-nous interchangeables ? Un roman génial à devenir fou.


  • par (Libraire)
    26 août 2014

    Un livre sensationnel hors du commun

    Tout l’art de Julia Deck est de balader avec un talent indéniable son héroïne autant que son lecteur. Elle brouille les pistes et nous mène en bateau en faisant voler en éclat les codes du roman et ce, sans que l’on en perde le fil. Cela nous donne un roman audacieux et osé, pimenté d’une certaine malice. Le triangle d’hiver est indiscutablement un livre hors du commun. Sensationnel !


  • par (Libraire)
    24 août 2014

    En eaux troubles

    Peut-on encore être soi-même en usurpant l'identité d'un personnage de fiction ? Julia Deck trouble le jeu – et le je – avec ce roman des faux-semblant – faux-semblant de l'identité, de l'amour et de nos vies sociales – où les apparences sont trompeuses et la vérité grise comme les eaux des ports du Havre, de Saint-Nazaire et de Marseille, escales maritimes du « Triangle d'hiver ». Et si la vie n'était que fiction ?


  • par (Libraire)
    19 août 2014

    Avec « Viviane Elisabeth Fauville », Julia Deck est entrée sur la scène littéraire comme précurseur d'un nouveau genre : le nouveau « nouveau roman ». Elle a dérouté son lecteur et brisé ses repères en dépeignant le portrait d'une femme totalement improbable dans un récit mêlant intrigue policière et roman de psychanalyse. Aujourd'hui elle revient avec « Le Triangle d'hiver », un brillant second roman, qui respecte les mêmes codes que son premier livre en y intégrant divers jeux de miroir et de mise en abîme. Encore une fois, elle manipule son lecteur et le fait douter de ses capacités de compréhension du texte.
    Ainsi on y retrouve une femme à la santé intellectuelle douteuse qui dés les premières pages du livre s'invente une vie et décide de se faire appeler Bérénice Beaurivage en référence au personnage du film d'Eric Rohmer : « L'Arbre, le Maire et la Médiathèque ». Ruinée et sans emploi, elle se fait passer pour un auteur de renom et tombe dans les bras de L'Ingénieur. Mais celui-ci commence à douter de sa sincérité...


  • par (Libraire)
    8 août 2014

    Le triangle d'hiver

    Après un premier roman déjà magistral, il fallait relever le défi pour Julia Deck. Elle fait mieux avec son nouveau livre qui met en scène une femme égarée, un portrait magnifique. C'est la trame commune avec son premier livre, mais c'est une tout autre perte qu'elle explore, pas celle de ses repères comme pour Viviane Elisabeth Fauville, sa première héroïne, mais de la mémoire. Métaphore aussi du cycle, du recommencement, le lecteur navigue de port en port, du nord au sud de la France (Le Havre, Saint Nazaire, Marseille), dans un triangle qui est aussi une boucle, un renouveau.