Matatoune V.

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Pourquoi ce titre « vagabonderautourdesoi »? Qu’on parte à l’autre bout du monde, au bout de notre rue, qu’on se concentre sur la lecture d’une phrase, à la vue d’un tableau, à l’écoute d’une musique, à la vue d’un film, d’une pièce de théâtre, etc. j’ apprends chaque jour un peu sur le monde et sur moi ! (…)

27 septembre 2021

Deux voies, deux prénoms,

Nathacha Appanah montre dans son roman Rien ne t’appartient qu’on peut oublier jusqu’à son prénom et vivre sans recoller les tranches de sa vie. Mais, cela ne dure qu’un temps, pendant quinze ans dans ce roman. Après tout craque avec une violence difficile à canaliser, surtout si un événement important vient détruire le mensonge.
L’histoire
Tara se retrouve complétement déphasée après la mort de son mari, Emmanuel, plus âgé qu’elle. Son beau-fils doit venir la visiter alors qu’elle aimerait tellement rester auprès de ce garçon au corps dégingandé avec ses vêtements trop grands. Il faudrait qu’elle s’active, qu’elle range et qu’elle donne un coup de propre partout, mais le temps passe trop vite. Elle se noie dans ses pensées disparates. Le désordre a envahit cet espace qu’il y a peu était propre et plein de vie.
Nathacha Appanah commence par la fin, lorsque le présent est bouché, que l’univers s’écroule et que les forces quittent le corps, que la folie risque de s’installer ! Alors, pour la seconde partie, Natacha Appanah donne la parole à Vijaya. Elle est éduquée à l’occidental. Mais, les violences, les croyances ancestrales et le statut inférieur de la femme vont la transformer en « chien méchant » puis en « fille gâchée ».
Deux voies, deux prénoms,
Tara et Vijaya rendent compte de l’enfance, du deuil, de la mémoire et des conditions faites aux filles dans un pays corseté dans ses traditions d’un autre âge. Car, le père de Vijaya croyait à l’avenir de la liberté de conscience et de culte et le criait trop fort. Alors que sa mère, aux pouvoirs extraordinaires deux jours par mois, ne cessait de le mettre en garde ! Mais la danse Bharatanatyam qui habille de grelot ses chevilles ont fait croire à l’enfant que la séduction n’amène que regards et applaudissements.
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22 septembre 2021

biographie romancée autour de cette artiste presque inconnue en France.

sous le ciel immense selon Georgia O’Keeffe a le mérite d’apporter une première approche simple mais néanmoins complète de l’artiste et de la femme que fût cette artiste hors pair. Une approche aisée pour rendre accessible l’art et notamment pour appréhender la rétrospective de Georgia O’Keeffe.

20,90
21 septembre 2021

Coup de coeur !

Difficile de rendre compte en quelques lignes de ce roman si riche…
Car d’autres thèmes sont aussi abordés. Le grand traumatisme écouté mais rarement entendu par l’entourage. L’urgence de protection de la nature. Le poids des actes dont on ne peut se soulager. L’expérience de mort imminente. Etc.
Roman émouvant très bien construit, La femme oiseau décrit avec précisions quatre personnalités attachantes, différentes par la génération qu’elles représentent, mais soucieuses d’alléger leurs quotidiens. Isabelle Sorente crée presque un huit-clos où la nature est présente comme ressource mais aussi apaisement. Joli coup de cœur de cette rentrée !
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Roman

JC Lattès

20,00
17 septembre 2021

Roman tout en sensualité et poésie !

Nina Bouraoui sait de romans en romans surprendre et se réinventer. Car, ce roman a de quoi étonner ! Nina Bouraoui choisit la forme du journal, sept petits carnets trimballés partout. Y sont confiés les ressentis secrets d’une femme exilée dans l’Algérie des années 60/70, enfermée dans son quotidien, qui sombre irrémédiablement, si ce n’est dans la folie, c’est dans une neurasthénie importante.
Par petites touches, un vécu de solitude se révèle où l’amour pour son fils, Erwann, va combler, certainement trop, un vide émotionnel et une vie où rien n’arrive. A tel point que le vin vient réchauffer quelque peu et, elle le sait, de façon illusoire, ses journées. Seul réconfort, son jardin qu’elle cultive ardemment comme une branche auquel elle se raccroche pour ne pas sombrer. Il y a aussi la mer et le soleil, mais l’inquiétude rode, la peur envahit le quotidien car les années sombres de ce magnifique pays s’annoncent. Alors la narratrice prend des photos pour saisir les instants remarquables de sa vie.
Que peut-elle faire d’autres ? Quitter Brahim, son mari algérien propriétaire d’une usine de papier, mais pour aller où ? Aucun désir pour ce qu’il est, son corps ou alors juste en s’inventant des fantasmes… Elle arrive même avoir honte de lui.
Les jours s’égrènent inexorablement. Jusqu’au moment où le désir, l’envie d’un autre corps, d’une autre chaleur vienne embraser le feu qu’elle avait tenté d’éteindre en elle.
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15 septembre 2021

Incontournable !

Première rencontre avec Valérie Tong Cuong pour Un tesson d’éternité qui dresse le portrait complexe et meurtri d’une femme moderne à la quarantaine brillante. Son passé qu’elle a tellement tenté d’oublier, et de faire oublier, va remonter décuplé de violence lors de l’arrestation de son fils.
Anna Gauthier est une pharmacienne installée dans le Village. Elle est mariée à Hubert, journaliste de formation, chargé du département culturel de la ville. Sa villa surplombe la mer. Ils ont un fils, Léo, en classe terminale, qui leur a aussi permis par ses loisirs d’avoir leur place dans la communauté des décideurs.
D’ailleurs comme une prémonition, un reportage sur le vol d’un fond de teint dans la pharmacie, avait permis, grâce à la perspicacité d’Anna, de faire un reportage sur le comportement violent de la femme responsable.
Ce qui va faire basculer cette famille à l’apparence idéale est l’arrestation de Léo ! Celui-ci a carrément tabassé un policier dans la manifestation de l’après-midi ! Certes, l’officier avait commencé en s’attaquant à une jeune fille, amie de Léo.
Depuis, les chaînes d’infos sont en boucle ! Tout le monde y va de son commentaires repris en boucle sur les réseaux sociaux. Anne et Hubert découvre un monde insoupçonné où il faut obéir sans discuter. Le temps s’allonge dans une dimension irréaliste. Après l’arrestation, la prison devient préventive.
Pour Anna, cette épreuve l’amène à soutenir contre vents et marées ce fils qu’elle aime tant ! Mais, à travers lui, c’est son propre passé qu’elle essaye de maîtriser, de contenir pour ne pas revenir à la victime qu’elle était durant son enfance !
Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue écrite de façon froide et même glaçante, qui va entraîner implacablement Anna a tombé le masque. A travers ce tesson ancré à jamais dans le corps de son personnage, Valérie Tong Cuong montre qu’il est impossible d’oublier son passé ou de faire comme si il n’avait pas existé.
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https://vagabondageautourdesoi.com/2021/09/15/valerie-tong-cuong/