Eric R.

21,90
par (Libraire)
22 février 2022

Une Odyssée en 1973

« Les portugais sont tous maçons », c’est bien connu. Les mineurs sont polonais mais les maçons sont portugais. C’est simple, facile et tellement évident. Derrière ce lieu commun éculé et réducteur se cache pourtant une réalité. Dans les années 1960-1970 « le Portugal connait l’exode le plus massif de son histoire. Entre 1957 et 1974, 700 000 portugais émigrent en France ». Ils fuient la misère mais aussi les dernières années de la dictature de Salazar qui, à l’inverse des pays occidentaux, poursuit des guerres de colonisation. La France des Trente Glorieuses a besoin de logements et de main d’oeuvre bon marché pour les construire: « Ainsi les Portugais sont ils devenus maçons ».

Olivier Afonso, le scénariste est né en 1975 d’un père portugais. C’est son histoire qu’il raconte ici, une histoire personnelle à portée universelle. Elle est bien documentée désormais cette période où l’on va chercher au bled, en Afrique des hommes à la dentition parfaite pour faire en France le sale boulot à moindre coût. Bidonvilles de Nanterre, insalubrité, conditions sanitaires indignes de l’autre côté du périphérique sont des faits historiques désormais reconnus. Cette Bd rappelle tout cela mais du côté de l’intime, des individus, du côté de deux jeunes, Mario, 18 ans et Nel, qui se rencontrent et se découvrent lors de leur passage clandestin de la frontière française. Leurs rêves: les petites femmes de Paris, le Moulin Rouge et quitter cette maudite campagne où les gens meurent de faim. Ils sont tellement différents les deux jeunes à peine sortis de l’adolescence: Nel est le roi, du marché noir, des filles au bordel, de la débrouille et des embrouilles aussi. Mario, timide, introverti, reste au pied des escaliers menant au plaisir. Ingénu, tendre il regarde et agit peu, ou moins. Dissemblables mais indissociables, on les suit de la frontière à la capitale, où ils s’installent dans des cabanes en bois et en tôle, dans des ruelles de boue et de froid.

Sans misérabilisme, avec un caractère documentaire indéniable mais discret, on découvre avec nos deux amis la vie à l’intérieur de cet espace que des bulldozers détruiront lorsque la précarité deviendra trop scandaleuse: la solidarité des communautés mais aussi leur rivalité, les blancs, les noirs, les arabes, le marché noir, le rôle des chefs de chantier, les employeurs odieux et sans scrupules, « on a trouvé moins cher que vous: du bicot, du négro… du sans papiers en veux tu en voilà », mais aussi le sentiment de l’exil, de la terre native si éloignée, confusément désirée et rejetée. Les personnages multiples incarnent ces états d’âme de Kader à Zé, le manchot, qui a déserté en Angola.

La tendresse du récit, son extrême violence aussi, nous emportent dans une chronique qui sous un ton a priori léger dit beaucoup du contexte social d’années charnières, bientôt frappées par le premier choc pétrolier. Car les auteurs nous racontent aussi l’intime et l’amour, celui bravache et ostentatoire de Nel et celui introspectif et timide de Mario.

Un jour la douleur finira, un jour la dictature de Salazar s’effondrera. Le 25 avril 1974, la Révolution des oeillets, fait tomber le dictateur portugais. Dans des cases magnifiques, Aurélien Ottenwaelter fait danser les femmes et ouvriers dans la lumière nocturne, transformant le bidonville en une place de village. On retrouve le trait de Christophe Blain mais aussi celui de Larcenet, comme si le visage et la silhouette de Blast s’étaient transformés dans le personnage de Zé. Des séquences sur des fonds blancs, des pages de calendrier du « Paris Coquin » rythment magnifiquement cet album qui sait passer de scènes intimistes à des scènes de bar enfumées et bruyantes. Ce sont des tranches de vie qui nous sont proposées et l’humanité qui s’en dégage rend cette lecture douce et émouvante. Olivier remercie notamment à la fin de l’ouvrage Pascal Rabaté. Un merci comme une forme d’apparentement dans le regard amoureux et bienveillant apporté aux gens de peu.

Q’on se le dise: « les Portugais sont donc d’excellents maçons » mais ils peuvent devenir, eux-mêmes ou leurs descendants » d’excellents scénaristes BD accompagnés de magnifiques dessinateurs.

1

Dargaud

14,50
par (Libraire)
21 février 2022

Le New-York des années 30 : passionnant

On ne s’en lasse pas. Mikael aime flâner dans le New-York des années trente. A ras du trottoir, à hauteur d’enfant mais avec un regard d’adulte, de photographe. On voit mieux les choses en contre plongée, on voit mieux et on est moins vu. Après les constructeurs de buildings, les cireurs de chaussures, le dessinateur franco-québecquois nous emmène cette fois-ci dans la communauté afro-américaine de Harlem où sévit la guerre des gangs. A la suite du Krach du jeudi 24 octobre 1929, appelé jeudi « noir » au grand dam de la population de couleur, la misère est le lot quotidien de nombreux habitants du quartier. De l’espoir il faut en trouver coûte que coûte et une femme martiniquaise fascinante va leur en donner en organisant une loterie clandestine à l’échelle de la ville. Trois numéros et le gros lot peut vous rapporter des dizaines de milliers de dollars. Les bons chiffres sont imprimés chaque jour par les journaux aux pages de la Bourse. Ce sont les trois derniers numéros du nombre d’actions échangées ce jour là. Simple et terriblement efficace, tellement efficace que le succès bouleverse les plans de la maffia blanche installée avec l’aide de la police et du maire.

Quennie, la patronne de cette loterie du Nombre, s’appelle en fait Stéphanie St Clair. Elle est décalée par rapport à une époque dominée par les hommes blancs habitués à utiliser la mitraillette Thompson et où les noirs et les femmes doivent surtout servir ou faire le spectacle. Elle détonne et le dessin de Mikaël la montre toujours en mouvement, explosive, colérique, influente, exigeante et intransigeante. Elle fait peur, en impose même au Hollandais, ce Dutch Schultz à qui elle va mener une guerre sans merci. En amour comme en affaires c’est elle qui prend les choses en main et gardent l‘initiative.
Comme dans Giant ou Bootblack, Mikaël n’a pas son pareil pour raconter le quotidien de ceux qui ne font pas la une des journaux, sauf lorsqu’ils meurent ou sont emprisonnés. On se balade dans la 111 ème rue, on fréquente les tripots et on danse dans le Cotton Club au rythme endiablé du jazz dont on croit entendre les sons mélodieux et où les Blancs viennent s’encanailler à la recherche de plaisirs érotiques.

Encore plus politique, la Bd s’engage résolument auprès des Noirs et le texte occupe une place importante reprenant des propos des leaders perchés sur des caisses à savons pour haranguer la foule ou des textes publiés de Quennie, dressant la situation d’abandon de la population de couleurs. « Fini de jouer les bons petits oncles Tom » déclare ainsi un personnage.

Fidèle à sa technique d’allers et retours dans le passé, il faut l’évocation de la jeunesse et de l’arrivée à New-York de la future Quennie pour que le dessin monochrome d’un bleu pâle glacial prenne des allures plus oniriques quand des taches et traits jaunes flambent comme le feu qui détruit la maison du propriétaire martiniquais, jaune aussi comme la robe qui distingue Stéphanie à son arrivée à Ellis Island, plus que sa couleur de peau.

Mikaël raconte que lors de ses repérages photographiques sur place, il put, par le plus grand des hasards, rentrer dans l’immeuble où avait vécu Quennie, au 409 Edgecombe Avenue, heureux de mettre ses pas dans ceux de Stéphanie St Clair. Avec cet album, il nous emmène avec lui et nous fait partager ses émotions. Resté silencieux, par l’entrebâillement de la porte, nous avons tout vu et attendons la suite avec impatience.

23,00
par (Libraire)
14 février 2022

Un road movie médiéval

Une petite promenade à pied en Angleterre, traverser les villages et les paysages pour se rendre de l’autre côté de la Manche, à Calais, cela vous dirait? Pas d’inquiétude, vous ne serez pas seul. Vous irez avec une bande d’archers, de « soudards » comme ils se définissent eux-mêmes.
Une précision quand même qu’il faut vous apporter avant votre départ. Nous sommes en 1348 et la peste sévit en Italie et en France et menace de traverser la Manche. Un détail qui risque cependant de modifier un peu la tranquillité de votre périple. De surcroît les archers sont un peu sanguinaires; ils aiment les auberges, les gueuletons, les risques avec les habitants des bourgs traversés.
Foin de tergiversations, il est temps de prendre la route. Munis de ces précieux avertissements, vous ne risquez rien si ce n’est un bonheur de lecture, intelligente, romanesque et érudite. Rien que cela.

Chronique complète :

Une petite promenade à pied en Angleterre, traverser les villages et les paysages pour se rendre de l’autre côté de la Manche, à Calais, cela vous dirait? Pas d’inquiétude, vous ne serez pas seul. Vous irez avec une bande d’archers, de « soudards » comme ils se définissent eux-mêmes. Ils s’appellent, Long-Gaillard, Douceur pourvu d’une « dentition d’or dont l’opulence suffirait à confectionner un candélabre papal », ou encore leur dux Haine Attenoke et tant d’autres encore, plus dangereux et fous les uns que les autres. Vous voyagerez aussi avec une femme française: Cécile de Goincourt « au statut incertain », prisonnière violée ou femme libre?

Surtout vous pourrez plus facilement dialoguer avec trois compères principaux, étrangers comme vous au groupe; Il y a d’abord Will Quate, un jeune laboureur parti de Outen Green qui veut rejoindre Calais pour réaliser la promesse de son seigneur: obtenir sa liberté et quitter son statut de serf. Il a été rapidement rejoint par une gente Dame, Berna, qui a fui le domaine seigneurial de son père pour éviter un mariage forcé et retrouver un homme qu’elle croit aimer. Elle lit et rêve du Roman de la Rose, un peu comme notre Emma Bovary normande. Enfin le troisième compagnon est un procureur écossais qui doit rejoindre Avignon. Tous les trois vont faire l’objet de récits distincts chacun avec leur style et des mots adaptés à leur statut social. Concret, précis pour le paysan, romantique et langoureux pour Berna, littéraire et lyrique pour Thomas le procureur.

Une précision quand même qu’il faut vous apporter avant votre départ. Nous sommes en 1348 et la peste sévit en Italie et en France et menace de traverser la Manche. Un détail qui risque cependant de modifier un peu la tranquillité de votre périple. De surcroît les archers sont un peu sanguinaires; ils aiment les auberges, les gueuletons, les risques avec les habitants des bourgs traversés. Cela met du piment dans le récit à venir qui devient alors un road-movie médiéval.

En évoquant un roman historique anglais, on pense immédiatement à Ken Follett mais James Meek, écrivain écossais, ancien journaliste au Guardian, lauréat de nombreux prix littéraire, utilise le style différent des protagonistes pour offrir plus qu’un récit haletant et documenté, avec du suspense à chaque page. Ici l’Histoire parfaitement documentée est au service du roman et non l’inverse. La période est essentielle certes mais les ressorts sont de tous les temps. Au fil des pages et de la découverte des personnages qui ne sont en rien des archétypes, l’auteur traite par transparence des problèmes universels et intemporels.

En priant Dieu, en brûlant des ossements pour lutter contre la peste noire, en chantant nuit et jour sans interruption pour stopper l‘avancée du fléau, des échos d’aujourd’hui surgissent dans notre pensée, de l’imaginaire à la réalité. Insularité et repli sur soi de l’ile britannique, pandémie, mais aussi pensée féministe, travestissement, genre, désir sexuel, classes sociales, traversent ce roman qui devient alors une véritable chanson de geste contemporaine. L’auteur, sans jamais pratiquer l’anachronisme en falsifiant le quatorzième siècle pour l’assimiler au nôtre, établi des ponts universels.

Foin de tergiversations, il est temps de prendre la route. Munis de ces précieux avertissements, vous ne risquez rien si ce n’est un bonheur de lecture, intelligente, romanesque et érudite. Rien que cela.

22,00
par (Libraire)
2 février 2022

Nos vies sans romance

Avec ce formidable roman, Nicolas Mathieu raconte le quotidien banal de deux quadragénaires, transfuges de classe.
Un banal merveilleusement décrit, qui devient essentiel et raconte en fait nos propres vies. De l'adolescence à la quarantaine.

Un implacable constat social.

Chronique complète :

Elle s’appelle Hélène. La quarantaine arrive et avec l’âge, le temps des tourments. Un mari encore séduisant, deux enfants, un métier bien rémunéré, une belle maison. Mais le monde chancelle. Un mal être s’installe dans un emploi du temps surchargé. La réussite sociale semble actée. Et pourtant.
Il s’appelle Christophe. Il est à peine plus âgé. Il est en instance de séparation et risque de perdre la garde alternée de son enfant suite au déménagement de son ex. Il n’a pas trop mal réussi en devenant représentant en nourriture pour chien. Il fut surtout une gloire locale du club de Hockey sur glace. Deux potes, son père avec qui il vit. Une petite existence normale. Et pourtant.
On devine la suite: Hélène et Christophe, vingt ans après le lycée, vont se revoir, se retrouver comme au temps de l’adolescence. Et peut être plus. L’histoire est banale, prévisible, attendue. Une romance sociale. Et pourtant.

Pourtant le talent de Nicolas Mathieu change tout. Avec « Leurs enfants après eux », Prix Goncourt 2018, le Vosgien racontait le roman de l’adolescence, d’une jeunesse en difficulté d’une vallée perdue dans l’Est de la France. Cette fois-ci c’est la vie d’adultes du côté de Nancy, qu’il décrit avec une précision de sociologue mais une attention de romancier. Il a les mots pour dire le quotidien, avec un réalisme et un naturel exemplaires. Il nous emmène avec lui dans l’arrière salle d’un café d’Epinal, racontant les clients, leurs propos, leurs silhouettes. On est dans la cuisine des parents d’Hélène, adolescente, entre une mère éprise de ménage et un père occupant ses loisirs à bricoler ici ou là pour arrondir les fins de mois. Comme une caméra cachée, Nicolas Mathieu nous dit la vie quotidienne avec la justesse du vécu. Annie Ernaux, de manière autobiographique raconte sa classe sociale d’origine, Olivier Adam dit de manière romancée sa vie d’avant à la lisière des grands ensembles. Nicolas Mathieu nous parle avec Hélène d’une transfuge de classe qui s’est appropriée les codes de la moyenne bourgeoisie. Si Hélène et Christophe sont issus du même milieu, ils ne sont plus du même monde. Nous sommes dès lors loin de la romance sociale mais dans une banale réalité qui dit beaucoup. Qui dit tout.
Ce ne sont pas forcément la voiture, les meubles, les loisirs qui font la différence mais d’abord, les mots, le langage.
C’est par les mots, les attitudes que l’on se compare car finalement ce sont ces apparences qui distinguent les gagnants et les perdants plus qu’une différence de mode de vie réel. La quarantaine arrivée les difficultés d’exister, d’aimer sont identiques que l’on boive de la bière dans un petit troquet ou du champagne dans un open space.

On se demande si Nicolas Mathieu n’a pas été adolescente, jeune fille, dans une vie antérieure. Les pages consacrées à la jeunesse de Hélène et Charlotte, sa meilleure copine, sont parmi les plus belles du roman. Nicolas Mathieu est le meilleur conteur de l’adolescence. Mais aussi de la quarantaine. Connemara commence avec cette phrase: La colère venait dès le réveil. Une colère qui dit tout de trajectoires de vie qui s’essoufflent à la recherche de plus de bonheur, de moins de malheur. D’un sens à donner à une deuxième et dernière partie de l’existence.
Pour connaître l’état d’une nation à un moment donné on peut lire un livre sociologique et statistique comme « La France sous nos yeux ». On peut aussi lire le dernier roman de Nicolas Mathieu, remarquable texte qui nous dit une fois encore la vie « normale » de citoyens « normaux », ancrés dans notre siècle. Et terriblement attachants.

par (Libraire)
2 février 2022

Intimiste et universel

C’est une Bd étrange. Elle débute par quelques saynètes de quatre pages. Des planches qui disent peu mais sur lesquelles pèse un poids mystérieux. « Après tout ce que tu as connu » déclare la vieille Carmen à Sarah. « Tout ça c’est du passé. C’est fini maintenant! Tu entends? C’est fini » dit Maria à son mari Adolfo qui cauchemarde des nuits entières. Peu à peu ces scènes anodines de quelques cases prennent de l’ampleur et ouvrent pesamment la chronique d’un petit village espagnol castillan, écrasé de soleil et du passé franquiste. C’est bien de ce passé qu’il s’agit à Soledad, celui du non-dit, des secrets, des trahisons, ce passé de la guerre civile qui recouvre le présent de ses poussières secrètes. Tito a vécu son enfance dans ce village proche de Tolède et dessina les premières planches de Soledad dans les pages de la revue (A suivre) au début des années 80. Franco était mort et Juan Carlos prenait la suite. Il fallait passer à un autre monde et ce sont les auteurs de Bd qui osèrent les premiers revenir sur le passé proche, bravant les interdits, les silences coupables. Avec Soledad, Tito ouvrait cet examen de conscience.

Cette pesanteur traverse tout l’ouvrage qui de petites histoires en grandes histoires, s’attache particulièrement aux femmes, celles toute ridées comme Sarah, assise sur une chaise à l’ombre du soleil et de son histoire, qu’elle taira longtemps, habituée comme toutes ces veuves, ces mères à dissimuler leurs sentiments, leurs colères derrière leurs broderies. Cela commence doucement, lentement au rythme des couchers et levers de soleil, lenteur des jours qui passent qui permet à Tito d’installer ses personnages. Et peu à peu comme un étranger qui arrive, allant de ruelles en ruelles, de maisons en maisons, nous intégrons la vie de cette communauté. Au fur et à mesure des six chapitres écrits de 1983 à 2003, les langues se délient comme si l’éloignement de la mort de Franco, permettait à la parole de Tito et de ses personnages de se libérer. Les conversations pleines de sous entendus des femmes dans les rues ombragées laissent place aux discours explicites des hommes sur la place du village. La Bd ose dire enfin et l’arrivée des troupes nationalistes en 1936 n’est plus un souvenir mais devient la réalité d’un chapitre entier.

Le dessin initialement prévu en noir et blanc se veut réaliste, précis comme dans un reportage, car il est hors de question de trahir le témoignage des siens recueilli dans l’urgence, avant que ces témoins ne disparaissent définitivement. En Espagne comme ailleurs, on sent poindre la volonté d’oublier ou de transformer un passé national peu glorieux. Quand les derniers participants meurent, la réécriture de l’histoire devient une menace. Alors des ouvrages racontant et figeant l’Histoire réelle deviennent encore plus essentiels. La vie de Soledad, ce petit village castillan, fait partie de ces ouvrages.