Sylvain T.

par (Libraire)
19 mai 2018

1975. Nora, la trentaine, découvre le journal et la correspondance de ses grands parents Jacob et Maroussia. Point de départ de cette saga familiale au titre biblique, le dernier roman de Ludmila Oulitskaia est vertigineux. Faisant tour à tour défiler le destin de Jacob, le grand-père relégué en Sibérie, Maroussia la grand-mère féministe, et Nora, scénographe vivant un amour impossible, l’auteure russe entremêle les époques, de la période tsariste au début du XXIe siècle, avec le récit généalogique où les destinées intimes s’entrelacent aux grandes figures historiques qu’elles soient politiques, scientifiques ou artistiques. Car il est bien question ici de récit généalogique, c’est en écrivant son histoire que celle-ci se fait chair, où les vivants et les morts dialoguent ensemble en un récit resserré au ton tantôt ironique, tantôt mélancolique. « Chaque être humain est un Texte » nous dit-on où l’on comprend rapidement que le texte de Nora n’est autre que la chair de l’auteure elle même. Magnifique parabole sur la vie, l’une des plus belles plumes russes de notre temps, nous livre ainsi sans conteste son roman le plus abouti, le plus personnel où le fantôme de Tolstoï hante ces pages.

par (Libraire)
10 avril 2018

1927, Shanghai. Les cellules communistes préparent un attentat. Le jeune Tchen en sera le bras armé. Son premier meurtre le marquera à jamais.
A la fois roman historique et politique, le chef-d'oeuvre d'André Malraux nous plonge dans le devenir des révolutions du XXe où le décalage entre idéaux et réalité, entre classe dirigeante et peuple, résonne encore à nos oreilles d'une bruyante actualité. En ces temps de terrorisme, il n'est pas moins judicieux de relire le premier volume de l'histoire de la collection "folio", qui reste sans l'ombre d'un doute, l'un des plus grands romans du XXe siècle (Prix Goncourt 1933).

par (Libraire)
10 avril 2018

Constantin Gloriot, jeune garçon d'un village provençal, décide de braver l'interdit de ses grands parents : suivre cet étrange "âne culotte" au-delà du pont en direction de la montagne où vit un mystérieux ermite... Henri Bosco ouvre son cycle Hyacinthe avec un récit bucolique et quasi mystique sur le mode romantique. Constantin semble faire corps avec les éléments de ce jardin, véritable paradis perdu où tout semble communier en parfaite harmonie. C'est toute la sensibilité de l'auteur avignonnais que l'on retrouve avec plaisir dans cette magnifique restitution d'un univers panthéiste aujourd'hui disparu. Un classique à lire et à relire !

par (Libraire)
22 mars 2018

Antoine Duris, maître de conférence aux Beaux-Arts de Lyon, décide de tout quitter du jour au lendemain pour devenir…gardien de salle au musée d’Orsay. Souffrant d’une curieuse mélancolie, notre héros se coupe du monde jusqu’au mutisme, ne parvenant à « dialoguer » qu’avec un portrait de Jeanne Hébuterne de Modigliani. Seul l’art, donc la beauté, semble pouvoir lui porter secours, à l’image de Camille, jeune femme souffrant également d’un indicible mal-être dont il va faire la connaissance… Car il s’agit bien de cela, de la beauté et de son pouvoir thérapeutique auquel nous convie le nouveau roman de David Foenkinos. Sur un ton tragique (non sans cynisme) en une narration sobre et efficace, l’auteur de Charlotte nous emporte sur le chemin du beau, où l’amour de la beauté semble pouvoir guérir nos deux êtres écorchés. Jolie réussite littéraire à lire sans modération !

Actes Sud

28,00
par (Libraire)
22 février 2018

Magistral

Tout commence par une blague à travers l’évocation du grand père du héros Ferguson, un certain Reznikoff, parti de Minsk pour vivre le rêve américain aux premières lueurs du XXe siècle. Un ami juif russe lui suggère de changer son nom en « Rockfeller ». Avec un nom comme ça, lui dit il, « tout ira bien ». De ce postulat, Paul Auster brode une narration vertigineuse en quatre temps et sept variations d’un même destin convoquant toutes les ressources de la fiction jusqu’à épuisement des possibles pour en distiller une simple vérité : celle de l’Homme et plus encore, celle de l’Histoire. Fresque extraordinaire du XXe siècle américain, le célèbre auteur américain nous offre un roman d’une densité rare, où le hasard de l’existence tourbillonne telle une folle boussole à chaque page de ce récit effréné. Au final, « seuls les mots restent », la vie défile irrémédiablement. Admirable hommage au pouvoir du roman, à l’image d’un Dostoievski, Paul Auster nous livre sans doute un des plus grands romans de la littérature contemporaine !