Virginie S. (Libraire)

Une bête aux aguets

Éditions de L'Olivier

17,00
26 août 2020

Une bête aux aguets, Florence Seyvos, L'Olivier

Florence Seyvos, Une bête aux aguets, éditions de L'Olivier

Anna vit seule avec sa mère. Depuis l'enfance, suite à une grave maladie, elle prend des comprimés, bleus et rouges. Jusqu'au jour où par curiosité elle décide d'arrêter la médication. Très vite, d'étranges symptômes apparaissent. La jeune femme entend des voix, elle a le sentiment de pouvoir voler, léviter et surtout, elle éprouve une attirance pour le sang. Terrorisée par la transformation qui s'opère en elle, par cette bête aux aguets tapie dans l'ombre, Anna s'interroge...

Florence Seyvos égare le lecteur dans ce texte déroutant. Nos repères sont balayés, et l'histoire ne cesse de nous surprendre. Entre réalité et étrangeté, au lecteur de trancher ou non...

Virginie

Le lièvre d'Amérique
26 août 2020

Le lièvre d'Amérique, Mireille Gagné, La Peuplade

Le lièvre d'Amérique, Mireille Gagné, éditions La Peuplade.

Mireille Gagné nous livre une valse à trois temps. Trois récits, trois axes dans le roman qui nous ramènent à Diane, l'employée modèle qui vient de subir une opération. Bientôt, elle sera une sorte de femme augmentée, ultra performante que rien ne pourra ralentir. Mais d'étranges phénomènes surviennent tandis que les souvenirs enfouis la ramènent sur l'Isle-aux-Grues dans les pas d'Eugène son amour d'enfance.

Le Lièvre d'Amérique est un récit court, poétique, d'une rare densité inspirée d'une légende algonquienne. Il alterne entre critique de la société moderne et conte bucolique. L'auteur utilise l'ellipse et les silences avec justesse et intelligence, laissant le lecteur trouver sa place, imaginer... Un récit envoûtant.

Virginie, Le Forum, Rennes

Les lionnes

Seuil

27,00
26 août 2020

Les Lionnes, Lucy Ellmann

Les Lionnes, Lucy Ellmann, éditions Le Seuil

Lire "Les Lionnes", c'est se lancer dans une aventure inédite et réjouissante. C'est s'immerger dans le flux de pensée d'une femme au foyer, une américaine d'aujourd'hui qui a renoncé à sa carrière après plusieurs épreuves personnelles.

Dans son royaume, tandis que les mains sont occupées aux taches domestiques, les idées se succèdent et fusent, introduites par la locution "Le fait que...": l'Amérique de Trump, sa folie, ses excès, les hommes qui malmènent la planète par stupidité et avidité, les minorités menacées, les animaux qu'on maltraite, tous les maux contemporains qui heurtent et bouleversent la narratrice mêlés aux émotions, aux tracas du quotidiens, ordinaires, prosaïques voire totalement absurdes.

Pourtant, ce monologue intérieur n'est ni un exercice de style, ni une succession de phrases jetées sur le papier, Lucy Ellmann parvient à dégager un véritable fil narratif et le lecteur se découvre une empathie, un attachement, une sororité avec cette héroïne du quotidien.

Un récit magistral et réjouissant.

Là où chantent les écrevisses
30 mai 2020

Grand roman populaire de qualité qui nous tient en haleine de bout en bout, un hymne à la nature et aux valeurs essentielles

Toute sa vie Kya a vécu dans une cabane délabrée au fond des marais de Caroline du Nord. Abandonnée au fil du temps par les siens qui fuient un mari ou un père alcoolique et violent, elle se retrouve seule et livrée à elle-même à 10 ans, à charge pour elle de grandir et de se débrouiller seule. Rude apprentissage de la vie pour celle que les habitants de Barkley Cove appellent « la fille des marais ».
Isolée et ne pouvant compter que sur elle, Kya met à profit sa connaissance de la nature pour survivre, dans ce vaste terrain de jeu et d’apprentissage qui la protège à l’instar des bras maternels qui lui font défaut. Mais abandonnée par les uns et rejetée par les autres, la solitude pèse de plus en plus sur la jeune fille jusqu’à sa rencontre avec Tate, un jeune garçon doux et bienveillant qui lui apprend à lire. C’est désormais un univers nouveau qui s’offre à elle, infini et précieux. C’est également des sentiments inédits qui la traversent, l’amitié puis l’amour, rompant ainsi sa solitude mais l’exposant à d’autres tourments. Délia Owens est biologiste et zoologiste, elle a écrit ce premier roman à 70 ans. Vendu à des milliers d’exemplaires dans le monde, « Là où chantent les écrevisses » est un grand roman populaire de qualité qui nous tient en haleine de bout en bout, un hymne à la nature et aux valeurs essentielles.

Le rouge n'est plus une couleur, roman
30 mai 2020

Un texte puissant, poignant et sensible

C’est sur les bancs de l’université que Kate et Max se sont rencontrés. Très vite, leur complicité s’est muée en une amitié profonde. Kate qui a grandit seule aux côtés d’une mère qui lui est désormais étrangère découvre auprès de Max, une famille aisée et cultivée qui l’attire. Zara surtout (la mère de Max), une réalisatrice réputée, la fascine.
Kate est vite adoptée par cette bruyante tribu qui recèle pourtant bien des fragilités. Inséparables, les deux amis vont faire ensemble leurs premières expériences: les fêtes, l’alcool, la drogue, les voyages et les films qu’ils dévorent. Un appétit insatiable de vivre et d’expérimenter jusqu’à ce jour où le rouge n’est plus une couleur pour Kate car il est devenu le symbole, le fil qui la relie au viol dont elle a été victime. Pas un viol par un inconnu dans une sombre ruelle, mais un viol
bourgeois, dans une maison amie par un membre de la famille de Max. Un viol parce qu’elle a dit non et que ce non n’a pas été entendu, un viol qui sidère, brise l’élan d’une jeune femme et la propulse dans le silence.
Rosie Price, jeune prodige de la littérature britannique, restitue avec beaucoup de justesse et de subtilité la prison intime dans laquelle son héroïne est désormais recluse. Après le silence viendront quelques mots comme des indices semés çà et là, difficilement compréhensibles par l’extérieur, les scarifications et la violence qu’elle s’inflige pour expier. Un texte puissant, poignant et sensible, indéniablement un grand roman sur la mémoire traumatique servi par la traduction brillante de Jakuta Alikavazovic.