La tristesse des anges

Jón Kalman Stefánsson

Gallimard

  • 27 novembre 2011

    Durant une tempête de neige, Jens le postier arrive à l’auberge quasi gelé. Helga s’occupe de lui tandis que le gamin observe. Dans cette terre d’Islande qui semble si hostile à l’homme, les mots transmis par courrier réchauffent bien plus que le cœur. Jens doit prendre la mer or il a peur de l’eau. Helga missionne le gamin d’aller avec lui. Contraint d’abandonner les plaisirs que procurent la poésie et la sensualité charnelle des femmes, le gamin l’accompagne.

    L’année dernière, Ciel et terre m’avait fait pleurer d’émotions. Cette semaine, je me suis retrouvée dans le bus avec des poissons d’eaux dans les yeux. En 2010, j’avais été éblouie par l’écriture de Jón Kalman Stefánsson. Cette année, j’ai été à nouveau émerveillée par la portée de son style où la poésie puise au plus profond des mots. Je me suis prise des bourrasques d’émotions en pleine figure, le souffle coupé par la beauté de cette Islande. Devant cette nature où les éléments confèrent à l’homme du courage et une forme d’humilité.


    Dans ce nouveau roman, on retrouve des éléments présents dans Ciel et terre. L’adolescent nommé le gamin accompagne cette fois le postier et non pas un pêcheur, la force de la nature et des mots. Et la mort qui n’est jamais loin. Cette ombre carnassière qui rôde auprès des vivants. Le gamin et Jens se retrouvent à accomplir un périple durant lequel ils vont rencontrer différents personnages et les lettres du postier sont comme des relais. La tempête fait rage, Jens et le gamin avancent péniblement confrontés à leurs angoisses.

    Ne cherchez pas une histoire haletante. Si j’ai trouvé quelques pages inutiles avec des redites, l’ensemble et surtout la seconde partie du roman balaye d’un revers de main ces bémols.

    Jón Kalman Stefánsson sans se faire moralisateur nous donne des clés pour accéder à son univers où la poésie, l’humilité et l’entraide jouent un rôle majeur. J’ai tellement aimé ce livre que je veux aller en Islande !