L'Été circulaire

L'Été circulaire

Marion Brunet

Le Livre de Poche

  • 17 juin 2019

    Dans une petite ville du Midi de la France sous un soleil écrasant, Céline seize ans consciente de sa beauté indécente et sa sœur Jo âgée de quinze ans s’ennuient. Les deux adolescentes subissent un quotidien morne avec peu de distractions hormis des virées nocturnes en catimini dans les piscines des villas, et la fête foraine annuelle. Des vies étriquées avec des accès de violence de la part du père qui verse dans les petits trafics et tient des propos racistes envers le fils des voisins arabes. Leur mère cantinière a brûlé trop vite sa jeunesse et le regrette.

    L'histoire est quasiment pliée, la suite est pratiquement courue d’avance comme si rien ne pouvait empêcher la fatalité et le drame. Les différences entre les classes sociales, la honte et la frustration nourrissent une tension papable renforcée par l'écriture sans fioriture de Marion Brunet. Le désœuvrement tout comme la complicité et la solidarité des deux sœurs sont soulignés. Sans prendre des chemins de traverse, c'est direct.

    Ce roman social, noir et âpre, sans éclaircie laisse un goût amer en bouche. Je suis bien embêtée car je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. Un peu trop prévisible à mon goût, cette lecture diffuse une ambiance qui colle à la peau et j'ai souvent pensé à "Leurs enfants après eux" de Nicolas Mathieu et à "D'acier" de Silvia Avallone. Mais pour moi, il lui manque un supplément d’âme.
    Une chose m’échappe cependant, pourquoi ce livre est-il classé dans la catégorie roman policier alors que ça n'en est pas un ?